La chronologie du récit

 

Définition

La chronologie est l'ordre dans lequel se succèdent les événements dans un récit. Cette progression est rendue sensible de plusieurs manières : par les marques de temps (temps verbaux, connecteurs et autres marques temporelles) et par les thèmes successifs du récit, autrement dit le fait de passer à un nouveau fait, un nouveau développement de l'action (la progression thématique).

Attention à ne pas confondre l'histoire et le récit, la chronologie des événements et l'ordre de la narration. On ne raconte pas forcément les choses dans l'ordre où elles se sont produites, on peut commencer au milieu (in medias res), revenir en arrière ou anticiper sur la suite. L'ordre chronologique est alors bouleversé. Voir, à la rubrique "A savoir", le rythme du récit. 

 

Les temps verbaux

Les verbes situent les énoncés dans le passé, le présent et l'avenir, mais peuvent aussi exprimer l'aspect (accompli ou non, borné ou non) ou les modalités (le réel et le virtuel, le probable et le possible, etc.). Dans un récit au passé, coupé de la situation d'énonciation (voir, à la rubrique "A savoir", l'énonciation), les temps verbaux de base sont le passé simple pour énoncer les actions de premier plan et l'imparfait pour les actions de second plan, les descriptions, les commentaires du narrateur. Le plus-que-parfait est employé pour des faits antérieurs à l'action principale.

Des actions racontées à l’imparfait sont de plus considérées comme simultanées, c’est-à-dire qu’elles semblent se passer en même temps et non successivement, comme au passé simple.

Exemple : La Provence grésillait de soleil. A l’ombre d’un vieil olivier, Pierre dormait et Malik lisait un roman noir.

 

Les connecteurs et autres marques temporelles

C’est l’ensemble des indications qui marquent l’écoulement du temps et l’ordre dans lequel les actions se succèdent dans le temps. Ce repérage peut se faire de trois façons :

    a)   par une année, un mois, un jour ou une date du calendrier : Il arriva sur Mars le 14 juillet 2006.

    b)  par rapport au moment de l’énonciation: Il arrivera sur Mars après-demain. Les repères ancrés dans la situation d'énonciation n'ont de sens que si l'on sait quand le récit est raconté: hier, aujourd'hui, demain ; ce matin, maintenant, cet après-midi, etc.

    c)   par rapport à une autre action dans le récit : Il était arrivé sur Mars au moment où l'on avait décidé de limiter le nombre d'immigrants. Les repères coupés de la situation d'énonciation sont relatifs aux événements du récit: la veille, ce jour-là, le lendemain, etc.

 

Nature grammaticale des connecteurs

- noms et groupes nominaux : le lendemain, jeudi, une heure, etc. ;

-des adverbes : demain, rapidement, soudain, puis, alors, enfin ;

-des prépositions et des groupes prépositionnels: avant, après, pendant, dès son arrivée;

-des conjonctions de subordination : avant que, après que, pendant que, dès que, alors que, comme, quand, lorsque.

Exemple : Jeudi prochain, il pleuvra dès l'aube.

Dans cette phrase, la chronologie est exprimée par un groupe nominal (jeudi prochain), un groupe prépositionnel (dès l’aube), un verbe au futur (pleuvra : action postérieure au moment de l’énonciation).